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Comment Industrialiser ses technologies ? Un défi en Nouvelle-Aquitaine

Découvrez une étude évaluant les domaines technologiques stratégiques de la Nouvelle-Aquitaine par Guilhem Pasquier et Antoine Achard.

Le secteur de la chimie et des matériaux est trois fois plus présent dans la région que dans le reste du pays. C’est ce qui ressort d’une étude évaluant les domaines technologiques stratégiques de la Nouvelle-Aquitaine. Et si la dynamique d’innovation est en bonne forme, l’économie régionale demeure bridée par un mal bien français : la défaillance à pouvoir industrialiser les technologies.
Guilhem Pasquier et Antoine Achard, les deux auteurs de l’étude sur les domaines technologiques régionaux émettent ce constat qui peut résumer en substance leur travail, mêlant enquête qualitative et quantitative. La faible capacité à déployer l’innovation dans des productions à grande échelle ? “C’est ressorti tout le temps dans les entretiens“, souffle Antoine Achard. L’échec est caractéristique du pays tout entier, bien au-delà des frontières néo-aquitaines, mais le ras-le-bol exprimé par l’écosystème est cinglant.

 

Chimie-matériaux en tête

Derrière ce fil rouge, les deux observateurs du champ technologique régional ont mis en valeur les points forts et les faiblesses du territoire. Le secteur chimie-matériaux fait ainsi figure de pilier de l’économie, en étant trois fois plus présent en Nouvelle-Aquitaine que dans le reste du pays. En complément du nombre d’acteurs référencés, les auteurs ont pris en compte la dynamique à l’innovation avec le dépôt de brevets.

 

Énergie et transport maritime ensuite

L’économie régionale se distingue par d’autres points forts, notamment dans l’énergie avec tout d’abord le haut déploiement des énergies renouvelables. Et une ambivalence : alors que l’éolien connaît un niveau de développement soutenu dans les anciennes régions Poitou-Charentes et Limousin, le mix énergétique néo-aquitain, en terme de puissance électrique, est dominé à 80% par le nucléaire, soit 10 points de plus qu’au niveau national.

 

A la traîne sur des secteurs d’avenir ?

C’est le sujet qui monte depuis un à deux ans. “On abordait l’hydrogène dans beaucoup d’entretiens alors que ce n’était pas le sujet initial”, se souvient Guilhem Pasquier. Si les entreprises de la région sont en retard, avec deux fois moins d’acteurs qu’au niveau national, les auteurs de l’étude se veulent rassurants : “50 % des acteurs de l’hydrogène qui seront présents dans cinq ans n’existent pas aujourd’hui“, indiquent-ils à La Tribune. Un secteur dont l’activité grimpe en flèche, comme en témoigne la croissance de la société bordelaise Hydrogène de France soutenue par le conseil régional.

 

L’innovation, et l’emploi ?

Dans l’étude menée, les auteurs ont mis en avant la faible diversité d’emploi privé de certains territoires régionaux. C’est ainsi que Sarlat se révèle être particulièrement doté dans les activités qui développent des dispositifs médicaux, et Châtellerault en aéronautique et automobile. Des faiblesses en temps de crise, mais aussi des forces mises en lumière par l’étude et qui pourraient être ciblées par les politiques régionales.

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